Le président de la République veut « éliminer les discriminations » et espère qu'il sera suivi en ce sens par les autres dirigeants du G7. Il a annoncé vendredi lancer « un partenariat de Biarritz », dans le cadre du G7, dont les pays membres pourront « s'engager à éliminer les discriminations » entre les femmes et les hommes, et « se battre pour de nouveaux droits et de meilleures pratiques ».

 Le chef de l'État s'est exprimé à l'Élysée dans le cadre d'une journée de « dialogue » avec des acteurs de la société civile, entamée par une rencontre avec les représentants du Conseil consultatif du G7 pour l'égalité entre les femmes et les hommes.
« Nous allons aboutir à ce partenariat de Biarritz que nous allons lancer. Les pays du G7 et certains partenaires, des pays africains et des démocraties de bonne volonté, pourront s'engager à éliminer les discriminations qui existent encore, prendre des nouvelles lois, se battre pour de nouveaux droits et de meilleures pratiques », a indiqué le président de la République. À l'issue de la rencontre, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a dit « exiger » des chefs d'État des pays du G7 la mise en place d'« au moins une des lois » soutenues par le Conseil consultatif.

« Abolir les lois discriminatoires »
« Il y a certains sujets sur lesquels la France est en dessous de certains standards, des sujets sur lesquels on doit s'améliorer », avait reconnu Emmanuel Macron. « Je m'engage à ce que l'on puisse prendre des dispositions législatives. » Co-présidé par Nadia Murad, Irakienne de la minorité yézidie, et Denis Mukwege, de la République démocratique du Congo, le Conseil consultatif pour l'égalité femmes-hommes appelle en priorité à « abolir les lois discriminatoires » et à « adopter et mettre en œuvre des cadres législatifs progressistes », est-il écrit dans leur rapport.

Nadia Murad et Denis Mukwege, co-lauréats du prix Nobel de la Paix 2018, ainsi que Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive de l'ONU Femmes et membre de ce conseil consultatif, se rendront à Biarritz, où se tient le G7 de samedi à lundi, pour « interpeller les chefs d'État des pays du G7 », a fait savoir Marlène Schiappa. L'implication de certains pays du G7 dans ce partenariat pose des questions : « On n'a pas confiance en plusieurs dirigeants » des pays du G7, dont Donald Trump, et « c'est pour cela que nous nous engageons », a déclaré Inna Shevchenko, militante Femen et membre du conseil.

Le boycott des ONG
Emmanuel Macron a par ailleurs indiqué que le gouvernement français allait s'engager « dans les prochains mois à prendre des mesures pour le renforcement de l'autonomie économique des femmes ». « Il y a certains sujets sur lesquels la France est en dessous de certains standards, des sujets sur lesquels on doit s'améliorer : je m'engage à ce que l'on puisse prendre des dispositions législatives », a-t-il poursuivi.

Avant de partir à Biarritz pour le G7, Emmanuel Macron doit rencontrer des ONG pour évoquer des sujets relatifs aux droits de l'homme, à la démocratie et à la protection de l'environnement. Une trentaine d'ONG, réunies au sein du Réseau action climat (RAC), ont décidé jeudi de boycotter le G7 en regrettant d'être laissées « à l'écart" du sommet. Vendredi après-midi, Emmanuel Macron et plusieurs ministres doivent également débattre avec une centaine de dirigeants d'entreprises et annoncer la création « de coalitions d'entreprises qui s'engagent pour une croissance inclusive et pour la réduction de leur impact environnemental dans le domaine de l'industrie textile, du transport maritime et des technologies de réfrigération », selon l'Élysée.

Source : AFP/ lepoint.fr/ le 23/08/2019